3- FERTILISER LE SOL
AVANT LA PLANTATION

L’analyse avant plantation
Pour chaque parcelle qui va être plantée, le viticulteur doit faire une analyse complète de sol et de sous-sol. Ces analyses doivent être effectuées un an et demi au moins avant la date prévue de la plantation mais après un défonçage s’il est prévu. Ces analyses sont indispensables pour répondre correctement aux questions suivantes :
> Quel est le potentiel de fourniture d’azote ?
> Quelle est la situation de mon sol en ce qui concerne les éléments peu mobiles (Phosphore, Potassium) ?
> Quel porte-greffe dois-je choisir ?
> Quel sera l’environnement physico-chimique des racines ?

Les matières organiques du sol
Les quantités en jeu lorsque l’on parle de matières organiques d’un sol et la profondeur concernée rendent difficile toute modification sur vigne en place. De plus, la relation étroite « matières organique-nutrition azotée » fait que toute rectification des premières aura des répercutions à  plus ou moins long terme sur la deuxième. Il est donc essentiel d’analyser correctement la situation des matières organiques dans le sol avant une plantation grâce à  :
> Un profil de sol, élément indispensable à  la maîtrise des pratiques culturales futures.
> Des analyses de terre : analyse complète sol au moins complétée, si besoin est, par des analyses plus poussées, du statut organique du sol (fractionnement des matières organiques, niveau et dynamique du fonctionnement microbiologique).
> La connaissance du précédent cultural.

Deux grands types de corrections peuvent être réalisés :
> Remonter la teneur en matières organiques du sol. Ceci doit être fait au moyen d’apports organiques ayant un bon rendement humique (ISB ou CBM élevé, à  défaut C/N > à  19) ;
> Optimiser le fonctionnement biologique du sol. Dans ce cas, l’apport organique se fera au moyen de produits à  faible ISB ou CBM (à  défaut, avec un C/N < à  14).
Entre ces situations, de nombreux intermédiaires sont possibles.

Les engrais verts
Les engrais verts sont utilisés dans les vignes, principalement avant la plantation, pour améliorer la fertilité du sol.
LES BENEFICES SONT NOMBREUX :
> Amélioration du fonctionnement biologique du sol par une action physique sur la structure et une action chimique de mise à  disposition de nutriments pour les microorganismes. Ceci permet de valoriser le potentiel d’un sol en situation de blocage ;
> Amélioration de la mise à  disposition pour la vigne d’éléments fertilisants : d’une part, en augmentant le stock assimilable (phosphore et potassium) par une acidification autour des racines de la plante, d’autre part, en constituant un stock organique d’éléments minéraux par l’enfouissement de l’engrais vert. Certains engrais verts (légumineuses) peuvent aussi améliorer temporairement le stock d’azote du sol ;
> Piégeage des nitrates durant la période précédant la plantation. Ceci évite les pertes par ruissellement ou lessivage de cet élément qui se retrouve ensuite dans les eaux.
Accessoirement, l’engrais vert peut aussi être un moyen de protection contre l’érosion et de maîtrise des adventices. Le choix de l’engrais vert est fonction de l’objectif du viticulteur parmi les avantages suscités. En fonction de l’objectif du viticulteur parmi les avantages suscités. En fonction de cela, le semis et la destruction se font à  des périodes (fin d’été ou printemps) et selon des modes variables (fauche, broyage, enfouissement).

Les éléments fertilisants du sol
Deux éléments fertilisants sont caractérisés par une faible à  très faible migration en profondeur dans le sol : le phosphore et le potassium. Les apports effectués en surface du sol après la plantation mettront donc plusieurs années avant de parvenir en quantité  suffisante dans le volume de sol colonisé par les racines de vigne.
De plus, ils occasionneront des pertes parfois importantes en situation de ruissellement par entraînement de la terre fine fertilisée hors de la parcelle.
Il faut donc absolument faire le point et réaliser, si nécessaire, des apports de fond en acide phosphorique et en potasse. L’apport devra se faire avant un travail du sol assez profond pour amener l’engrais à  environ 20 cm de profondeur.
Concernant les autres éléments fertilisants, azote, magnésium, oligo-éléments, aucun apport ne devra être fait avant plantation.

Le chaulage
Un sol acide augmente la solubilisation de certains métaux (cuivre, manganèse, aluminium), dont l’action phytotoxique peut entraîner un médiocre développement de la jeune vigne, un faible taux de reprise et, dans les cas les plus graves, un échec total de la plantation. L’activité microbienne du sol s’en trouve également diminuée, ainsi les phénomènes liés à  la vie dans le sol sont plus difficiles : minéralisation, dégradation de la matière organique, nitrification.
Le manque de calcaire dans le sol réduit sa fertilité par une diminution de la capacité d’échange des cations effectives, rendant moins disponibles les éléments P, K et Mg.
Les propriétés physiques du sol s’en trouvent également modifiées, la cohésion du sol est moins bonne et l’infiltration de l’eau est plus difficile, favorisant ainsi l’érosion.
Le chaulage des sols acides est utile pour des valeurs de pH inférieur à  6,6 unités.
L’amendement visera à  ramener le pH à  cette valeur limite. L’apport d’amendement basique doit être réalisé au moins 4 mois avant l’apport d’amendement organique et, si possible en l’incorporant au sol.
On utilisera des amendements calco-magnésiens dans les sols pauvres en magnésium.